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Lecture de l'image et des médias

Français · 3e secondaire · cours écrit et vérifié, conforme au programme de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

L'essentiel

À maîtriser avant : Identifier le genre, le type de texte et la visée de l'auteur · Analyse et compréhension de textes (récit, information, argumentation)

Lire une image fixe : cadrage, plans et angles de vue

Lire une image, c'est repérer les choix techniques faits par celui qui l'a créée (photographe, dessinateur, réalisateur) pour comprendre le sens du message et l'effet qu'il veut produire sur le spectateur. Une image n'est jamais neutre : chaque choix de cadrage, de plan et d'angle de vue oriente notre regard et notre émotion.

Méthode
Identifier le sujet principal de l'image (qui ou quoi est représenté) et ce qui l'entoure (le décor).
Repérer le plan utilisé, c'est-à-dire la distance entre le sujet et le cadre : gros plan (un détail ou un visage remplit le cadre), plan rapproché (le buste), plan moyen (le corps entier, assez proche), plan d'ensemble (le corps entier avec une bonne partie du décor), plan large (le décor domine, le sujet est petit).
Repérer l'angle de vue, c'est-à-dire la position depuis laquelle l'image a été prise : en plongée (l'appareil est placé au-dessus du sujet, le regard descend vers lui), en contre-plongée (l'appareil est placé en dessous du sujet, le regard monte vers lui), à hauteur d'yeux (angle neutre, sans effet de domination).
Observer la composition : la disposition des éléments dans le cadre, ce qui est mis en valeur au premier plan, ce qui est relégué à l'arrière-plan, les lignes qui guident le regard, les couleurs (chaudes ou froides) et la lumière (claire, sombre, contrastée).
Déduire l'effet produit sur le spectateur (proximité, distance, domination, admiration, malaise...) et l'intention probable de l'auteur de l'image.

Exemple
Une photographie en noir et blanc montre une rue de ville vue du dessus. Au centre, un enfant est assis seul sur le trottoir, la tête baissée. Autour de lui, l'espace est vide et de hauts immeubles encadrent la scène. On voit l'enfant en entier ainsi qu'une grande partie du décor. Analyse le plan, l'angle de vue et l'effet produit par cette photographie.

Corrigé pas à pas
Le plan utilisé est un plan d'ensemble : on voit le corps entier de l'enfant ainsi qu'une large portion du décor (la rue, les immeubles). L'angle de vue est une plongée : la photographie est prise depuis le haut, comme si l'on regardait l'enfant de très haut vers le bas. Ce choix, combiné au noir et blanc et au vide autour de l'enfant, produit un effet d'écrasement et de solitude : l'enfant paraît tout petit face à un environnement immense et froid. Le spectateur ressent de l'empathie ou de l'inquiétude pour ce personnage isolé. Si le photographe avait choisi une contre-plongée, l'enfant aurait au contraire paru plus grand et plus fort face au décor : l'angle de vue change donc complètement le sens du message.

Erreurs fréquentes
Confondre le plan (la distance au sujet) et l'angle de vue (la position de l'appareil) : ce sont deux informations différentes à donner séparément.
Se contenter de décrire ce que l'on voit sans expliquer l'effet produit sur le spectateur, alors que c'est le cœur de l'analyse.
Oublier le hors-champ, c'est-à-dire tout ce que le cadrage choisit de ne pas montrer, alors que cela fait aussi partie du message.
Croire qu'une image est un simple reflet de la réalité, alors qu'elle résulte toujours de choix volontaires.

Analyser un message médiatique : visée, destinataire et indices

Un média (article de presse, site d'information, publicité, affiche) transmet un message construit dans un but précis. Lire un média, c'est identifier qui parle, à qui il s'adresse, dans quelle intention (informer, convaincre, faire vendre ou divertir), et distinguer ce qui relève d'un fait vérifiable de ce qui relève d'une opinion ou d'un argument de persuasion.

Méthode
Identifier l'émetteur : qui produit le message (un journaliste, une marque, une institution) ?
Identifier le destinataire probable : à qui le message s'adresse-t-il en priorité (enfants, adultes, un public particulier) ?
Repérer le titre, le slogan ou l'accroche et se demander quel rôle il joue (informer brièvement, attirer l'attention, provoquer une réaction).
Observer les éléments visuels (image, couleurs, mise en page, taille des caractères) et leur effet sur le lecteur.
Distinguer les phrases qui apportent un fait vérifiable (daté, chiffré, attribué à une source) des phrases qui expriment un jugement ou une opinion.
Formuler la visée globale du document : informer, convaincre, faire acheter ou divertir.

Exemple
Une affiche pour une marque de jus de fruits présente, en gros plan, des fruits multicolores disposés en cercle, avec des couleurs vives et saturées. En haut, un slogan en grandes lettres jaunes annonce : « Le plein de vitamines, tous les jours ! ». En bas à droite, en petits caractères, figurent le logo de la marque et le prix du produit. Analyse la visée de cette affiche et distingue ce qui relève d'un fait de ce qui relève d'une opinion.

Corrigé pas à pas
L'émetteur est une marque commerciale ; le destinataire probable est le grand public, en particulier les familles qui font les courses. Le gros plan sur les fruits et les couleurs vives visent à rendre le produit attirant et appétissant. Le slogan « Le plein de vitamines, tous les jours ! » n'est pas un fait vérifiable tel quel : c'est une formule promotionnelle, une exagération destinée à convaincre, donc une opinion ou un argument publicitaire. Une information comme la composition exacte du produit (par exemple la quantité de vitamine C en milligrammes, si elle figurait sur l'étiquette) serait en revanche un fait vérifiable. La visée globale de cette affiche est donc de convaincre le lecteur d'acheter le produit, plutôt que de l'informer de manière neutre.

Erreurs fréquentes
Confondre une accroche publicitaire, formulée pour convaincre, avec une information vérifiée : le ton affirmatif ne suffit pas à faire d'une phrase un fait.
Oublier d'identifier l'émetteur du message, ce qui empêche de comprendre pourquoi le document a été créé.
Analyser uniquement le texte d'un document médiatique en oubliant les indices visuels (couleurs, images, mise en page) qui participent pleinement au message.
Penser qu'un article de presse est toujours totalement neutre : le choix des mots et des titres oriente déjà la lecture.

Savoir-faire

Identifier le plan et l'angle de vue d'une image

  1. Observer la taille du sujet principal par rapport au cadre pour déterminer le plan (gros plan, plan rapproché, plan moyen, plan d'ensemble ou plan large).
  2. Observer la position depuis laquelle l'image semble avoir été prise pour déterminer l'angle de vue (plongée si le regard vient d'en haut, contre-plongée si le regard vient d'en bas, hauteur d'yeux si le regard est neutre).
  3. Associer le plan choisi à l'effet de proximité ou de distance qu'il produit sur le spectateur.
  4. Associer l'angle de vue choisi à l'effet de domination, de puissance ou de neutralité qu'il produit.
  5. Formuler une phrase complète qui combine plan, angle et effet ressenti.

Exemple
Une image montre un sportif en train de lever les bras en signe de victoire. L'appareil photo est placé en dessous de lui, au niveau du sol, et le cadre ne contient que lui et le ciel ; on voit son corps entier.

Corrigé pas à pas
Le plan est un plan d'ensemble (le corps entier du sportif est visible, avec peu de décor autre que le ciel). L'angle de vue est une contre-plongée (l'appareil est placé en dessous du sujet). Cette combinaison donne une impression de puissance, de grandeur et de victoire : le sportif paraît dominer l'image, ce qui renforce le sentiment d'exploit sportif.

Distinguer un fait d'une opinion dans un document médiatique

  1. Lire attentivement chaque phrase du document.
  2. Se demander si la phrase donne une information vérifiable, chiffrée, datée ou attribuée à une source précise : si oui, c'est un fait.
  3. Se demander si la phrase exprime un jugement, une appréciation ou un sentiment, souvent marqué par des adjectifs évaluatifs (magnifique, catastrophique, meilleur) ou des verbes d'opinion (penser, trouver, sembler) : si oui, c'est une opinion.
  4. Tester la phrase en se demandant si l'on pourrait la prouver avec des données précises ; si ce n'est pas possible, il s'agit d'une opinion.
  5. Classer chaque phrase du document dans l'une des deux catégories avant de conclure sur la visée globale du texte.

Exemple
Un article contient les deux phrases suivantes : « Le nouveau parc communal a été inauguré le 3 mai et couvre une surface de deux hectares. » et « Ce parc est le plus beau de toute la région. » Classe ces deux phrases.

Corrigé pas à pas
La première phrase est un fait : elle contient une date précise (le 3 mai) et une donnée chiffrée vérifiable (deux hectares), qui peuvent être confirmées par une source officielle. La deuxième phrase est une opinion : l'expression « le plus beau » est un jugement de valeur, subjectif, qui ne peut pas être mesuré ni prouvé de la même façon.

Mémento

Vocabulaire de l'image

Analyser un document médiatique

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Sources du programme : Socles de compétences — Français (Fédération Wallonie-Bruxelles) · Référentiel des compétences terminales — Français (Fédération Wallonie-Bruxelles, enseignement.be)