Étude de la langue : syntaxe complexe et énonciation
Français · 3e secondaire · cours écrit et vérifié, conforme au programme de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
L'essentiel
- Phrase simple = un seul verbe conjugué = une seule proposition.
- Phrase complexe = au moins deux verbes conjugués = au moins deux propositions.
- Juxtaposition : propositions reliées par une simple ponctuation, sans mot de liaison.
- Coordination : propositions reliées par une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou un adverbe de liaison.
À maîtriser avant : Phrase : types, formes, phrase simple et complexe · Grammaire : classes (natures) et fonctions des mots · Repérer les marques d'énonciation et les points de vue
La phrase simple et la phrase complexe
Une phrase simple contient un seul verbe conjugué : elle forme donc une seule proposition. Une phrase complexe contient au moins deux verbes conjugués : elle contient donc au moins deux propositions. Ces propositions peuvent être reliées de trois façons : la juxtaposition (simple ponctuation, sans mot de liaison), la coordination (avec une conjonction de coordination comme mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou la subordination (une proposition dépend grammaticalement d'une autre).
Méthode
Compter les verbes conjugués de la phrase (attention : un infinitif ou un participe ne compte pas comme verbe conjugué).
Ce nombre donne le nombre de propositions.
Repérer comment ces propositions sont reliées : simple ponctuation sans mot de liaison (juxtaposition), conjonction de coordination (coordination), ou subordonnant qui rend une proposition dépendante d'une autre (subordination).
Délimiter chaque proposition, du début de son verbe jusqu'à la fin de ses compléments.
Exemple
Analyse la phrase suivante : « Il pleut, je reste à la maison. »
Corrigé pas à pas
On repère deux verbes conjugués : « pleut » et « reste ». Il y a donc deux propositions, donc une phrase complexe. Elles sont séparées par une simple virgule, sans aucun mot de liaison (ni conjonction, ni subordonnant) : il s'agit d'une juxtaposition.
Erreurs fréquentes
Confondre un verbe à l'infinitif ou un participe (non conjugué) avec un verbe conjugué, ce qui fausse le compte des propositions.
Croire qu'une virgule signale toujours une juxtaposition, alors qu'elle peut aussi détacher une proposition subordonnée relative ou circonstancielle.
Confondre une conjonction de coordination (mais, car...) avec une conjonction de subordination (parce que, bien que...) : la première coordonne deux propositions de même niveau, la seconde rend une proposition dépendante.
Les propositions subordonnées : relative et conjonctive
Une proposition subordonnée dépend grammaticalement d'une proposition principale et ne peut, en général, pas être supprimée sans rendre la phrase incomplète ou en changer le sens. On distingue la subordonnée relative, introduite par un pronom relatif (qui, que, dont, où, lequel...) et qui complète un nom ou un pronom déjà cité appelé antécédent, et la subordonnée conjonctive, introduite par une conjonction de subordination. Parmi les conjonctives, on distingue la complétive (introduite par « que » qui ne remplace rien, le plus souvent COD d'un verbe de parole, de pensée ou de perception) et la circonstancielle (introduite par une autre conjonction comme quand, parce que, si, bien que, pour que, exprimant le temps, la cause, la condition, le but ou la concession).
Méthode
Repérer le mot subordonnant : pronom relatif ou conjonction de subordination.
Si c'est un pronom relatif qui remplace un nom ou un pronom déjà présent dans la phrase (l'antécédent), c'est une subordonnée relative, complément de cet antécédent.
Si c'est « que » et qu'il ne remplace rien, mais suit un verbe de parole, de pensée ou de perception (dire, penser, croire, savoir...), c'est une subordonnée conjonctive complétive, le plus souvent COD de ce verbe.
Si c'est une autre conjonction de subordination (quand, parce que, bien que, pour que, si...), c'est une subordonnée conjonctive circonstancielle ; identifier alors sa valeur (temps, cause, condition, but, concession...).
Exemple
Analyse les subordonnées dans : « Le livre que tu m'as prêté est passionnant. » et « Je crois que tu as raison. »
Corrigé pas à pas
Dans la première phrase, « que » remplace « le livre » (tu m'as prêté le livre) : c'est un pronom relatif, son antécédent est « le livre », et la subordonnée relative « que tu m'as prêté » est complément de cet antécédent. Dans la seconde phrase, « que » ne remplace rien : il introduit une subordonnée conjonctive complétive, « que tu as raison », qui est COD du verbe « crois ».
Erreurs fréquentes
Confondre le « que » pronom relatif, qui remplace un nom déjà cité, et le « que » conjonction, qui n'a pas d'antécédent et introduit une complétive.
Oublier de chercher l'antécédent d'une subordonnée relative avant d'en analyser la fonction.
Se tromper sur la valeur d'une circonstancielle, par exemple confondre la cause (parce que) et la conséquence (si bien que).
L'énonciation : indices et discours rapporté
L'énonciation est l'acte par lequel un énonciateur produit un énoncé, à un moment et dans un lieu précis, à destination d'un destinataire. Cette situation laisse des traces dans le texte : ce sont les indices d'énonciation (pronoms personnels je/tu/vous, déterminants possessifs, adverbes comme ici, maintenant, aujourd'hui, hier, demain). Un énoncé ancré dans la situation d'énonciation utilise ces repères tournés vers le moment et le lieu de la parole ; un énoncé coupé de cette situation (un récit) utilise plutôt la 3e personne et des repères de temps autonomes (ce jour-là, la veille, le lendemain). Cette distinction est essentielle pour comprendre le discours rapporté : le discours direct reproduit les paroles exactement, ancrées dans leur situation d'origine ; le discours indirect les rapporte dans une subordonnée, ce qui oblige à transposer les indices.
Méthode
Repérer qui parle (l'énonciateur) et à qui (le destinataire) grâce aux pronoms je/tu/nous/vous.
Repérer les indices de temps et de lieu utilisés pour savoir si l'énoncé est ancré dans la situation d'énonciation (ici, maintenant, demain) ou coupé de celle-ci (là-bas, ce jour-là, le lendemain).
Pour le discours rapporté, identifier s'il est direct (paroles exactes entre guillemets, avec un verbe introducteur) ou indirect (subordonnée introduite par « que », « si » ou un mot interrogatif, sans guillemets).
Lors du passage au discours indirect, transposer les pronoms, les possessifs, les temps (concordance) et les indices de temps et de lieu.
Exemple
Transpose au discours indirect : Marie a dit : « Je pars maintenant. »
Corrigé pas à pas
On supprime les deux points et les guillemets et on relie par « que » : Marie a dit qu'elle partait alors. Le pronom « je » devient « elle » (changement de point de vue), le présent « pars » devient l'imparfait « partait » (concordance des temps, car le verbe introducteur « a dit » est au passé), et l'adverbe « maintenant », ancré dans la situation d'énonciation d'origine, devient « alors », qui convient à un récit.
Erreurs fréquentes
Oublier de transposer les pronoms personnels et les déterminants possessifs lors du passage au discours indirect.
Ne pas appliquer la concordance des temps : garder le présent ou le futur simple après un verbe introducteur au passé au lieu de l'imparfait ou du conditionnel présent.
Ne pas transposer les indices de temps et de lieu ancrés dans la situation d'énonciation (garder « demain » ou « ici » alors qu'il faut « le lendemain » ou « là »).
Savoir-faire
Distinguer le « que » relatif et le « que » conjonction (complétive)
- Repère le mot juste avant « que » : est-ce un nom ou un pronom déjà cité (un antécédent possible) ?
- Essaie de remplacer « que » par ce nom à l'intérieur de la subordonnée : si la phrase reste correcte et complète, « que » est un pronom relatif.
- Si « que » ne remplace rien, mais suit un verbe de parole, de pensée ou de perception (dire, croire, savoir, penser, sentir...), c'est une conjonction de subordination qui introduit une complétive.
- Vérifie la fonction obtenue : la relative est complément de l'antécédent ; la complétive est le plus souvent COD du verbe principal.
Exemple
Compare : « Le film que j'ai vu hier était émouvant. » et « Je sais que ce film était émouvant. »
Corrigé pas à pas
Dans la première phrase, on peut reconstituer « j'ai vu le film » : « que » remplace « le film », c'est un pronom relatif dont l'antécédent est « le film » ; la subordonnée « que j'ai vu hier » complète cet antécédent. Dans la seconde phrase, « que » ne remplace aucun nom : c'est une conjonction de subordination qui introduit la complétive « que ce film était émouvant », COD du verbe « sais ».
Transposer un discours direct en discours indirect
- Supprime les deux points et les guillemets ; relie la parole rapportée par « que » (affirmation), par « si » (question totale) ou par le mot interrogatif (question partielle : où, quand, pourquoi...).
- Transpose les pronoms personnels et les déterminants possessifs selon le nouveau point de vue du narrateur (je devient il/elle, ton devient son...).
- Applique la concordance des temps si le verbe introducteur est au passé : le présent devient l'imparfait, le futur simple devient le conditionnel présent, le passé composé devient le plus-que-parfait.
- Transpose les indices de temps et de lieu ancrés dans la situation d'énonciation d'origine (ici devient là ; maintenant devient alors ; demain devient le lendemain ; hier devient la veille).
Exemple
Transpose au discours indirect : Il m'a demandé : « Viendras-tu demain ? »
Corrigé pas à pas
On remplace l'interrogation directe par « si » (question totale) : Il m'a demandé si je viendrais le lendemain. Le pronom « tu », qui désignait le destinataire (moi), devient « je » puisque c'est moi qui rapporte la question ; le futur simple « viendras » devient le conditionnel présent « viendrais » (concordance des temps, le verbe introducteur « a demandé » est au passé) ; l'adverbe « demain » devient « le lendemain ».
Mémento
La phrase complexe et les trois liaisons
- Phrase simple = un seul verbe conjugué = une seule proposition.
- Phrase complexe = au moins deux verbes conjugués = au moins deux propositions.
- Juxtaposition : propositions reliées par une simple ponctuation, sans mot de liaison.
- Coordination : propositions reliées par une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou un adverbe de liaison.
- Subordination : une proposition (subordonnée) dépend d'une autre (principale), introduite par un subordonnant (pronom relatif ou conjonction de subordination).
Les subordonnées à connaître
- Relative : introduite par un pronom relatif (qui, que, dont, où, lequel...), complète un antécédent (nom ou pronom déjà cité).
- Conjonctive complétive : introduite par « que » qui ne remplace rien, le plus souvent COD d'un verbe de parole, de pensée ou de perception.
- Conjonctive circonstancielle : introduite par une autre conjonction de subordination (quand, parce que, si, bien que, pour que...), exprime le temps, la cause, la condition, le but ou la concession.
Énonciation et discours rapporté
- Indices d'énonciation : pronoms personnels (je/tu/vous), déterminants possessifs, adverbes ancrés (ici, maintenant, aujourd'hui, hier, demain).
- Discours direct : paroles exactes, entre guillemets, avec un verbe introducteur et deux points ou une virgule.
- Discours indirect : subordonnée introduite par que, si ou un mot interrogatif, sans guillemets.
- Transpositions au discours indirect : pronoms et possessifs, concordance des temps (présent → imparfait, futur simple → conditionnel présent), indices de lieu et de temps (ici → là ; maintenant → alors ; demain → le lendemain ; hier → la veille).
S'entraîner sur ce chapitre
Sources du programme : Socles de compétences — Français, Fédération Wallonie-Bruxelles · Compétences terminales et savoirs communs — Français, Fédération Wallonie-Bruxelles